Cartes postales anciennes de Landresse (Doubs 25530) — Collection privée & Village de La Guerre des Boutons
Publié sur musee-virtuel.fr — Collection personnelle
Cette collection de cartes postales anciennes de Landresse (Doubs, code postal 25530) est la mienne. Landresse est le village natal de ma mère et c’est en fouillant ces petits rectangles de carton que j’ai découvert, sur la carte CPA-25530L-001, un enfant coiffé d’un chapeau planté au milieu de la Grande-Rue : mon grand-père. Ce moment, la certitude soudaine d’avoir tenu le passé entre les doigts, est la raison d’être de cette collection dans le musée virtuel.
Que vous soyez un habitant du Doubs, un passionné de généalogie, un cartophile averti, ou un lecteur de Louis Pergaud tombé sur ce nom de village qui vous dit quelque chose… vous êtes ici chez vous.

Landresse et La Guerre des Boutons de Louis Pergaud
Pour les amoureux de la littérature française, le nom de Landresse résonne de manière toute particulière. Ce petit village du plateau du Doubs, niché à 600 mètres d’altitude entre Baume-les-Dames et Valdahon, a directement inspiré Louis Pergaud pour son roman La Guerre des Boutons, publié en 1912 et récompensé par le Prix Goncourt la même année.
Dans le roman, le célèbre village de Longeverne, celui de Lebrac et de sa bande, n’est autre que Landresse. Le village ennemi, Velrans, correspond quant à lui à Vellevans ou Salans voire Ouvans, commune voisine. Pergaud connaissait intimement ce territoire : il avait exercé comme instituteur dans la région au début du XXe siècle, et ses souvenirs d’enfant de la Franche-Comté rurale ont nourri chaque page de son œuvre.
Parcourir cette collection de CPA de Landresse, c’est donc aussi marcher dans les pas de Lebrac, imaginer les courses-poursuites à travers les prés et les bois, et retrouver l’atmosphère de la Franche-Comté du début du siècle que Pergaud a immortalisée. Si vous êtes passionné par l’univers de l’auteur ou si vous possédez des documents, cartes ou photographies liés à Louis Pergaud dans la région, je serai ravi d’en discuter.
Une découverte généalogique exceptionnelle
Le trésor d’une collection de cartes postales réside parfois dans un détail invisible pour le grand public.
Sur la toute première carte de la série, CPA-25530L-001, qui dépeint l’animation de la Grande-Rue devant l’Hôtel Brun, le temps s’est figé quelque part autour de 1905–1910. Au milieu de la chaussée en terre battue, parmi un groupe de villageois en habits du dimanche, se tient un enfant coiffé d’un chapeau. Cet enfant, c’est mon grand-père.
J’ai appris cette anecdote quand ma mère a acheté une réédition de la carte postale historique.
Cette découverte fortuite transforme une simple archive de cartophilie Franche-Comté en un vibrant hommage familial. Elle illustre parfaitement pourquoi la généalogie dans le Doubs passe autant par les archives papier que par les images : une carte postale peut receler, dans un coin anodin de son recto, un visage que vous cherchez depuis des années.
A partir de là, j’ai commencé à chiner au grès de mes visites dans des salons, des brocantes et autres lieux des cartes postales anciennes de Landresse. Et je chine toujours aujourd’hui.
Explorer la collection carte par carte
La Belle Époque et la vie villageoise (vers 1900–1914)
Les premiers clichés de la série nous plongent dans l’organisation politique, sociale et agricole du village tel qu’il était avant la Grande Guerre.
La Maison Commune (Mairie), avec ses superbes arcades en pierre de taille, centralisait la vie civile de Landresse. On la retrouve sur plusieurs variantes éditées par Jules Brun, cafetier et éditeur local dont le nom apparaît également sur l’enseigne de l’Hôtel de la Grande-Rue.
L’abreuvoir en pierre, un imposant bassin circulaire où venaient se désaltérer les vaches de race Montbéliarde rappelle l’importance cruciale de l’agriculture laitière sur ce plateau du Doubs, indissociable de la fabrication du fromage Comté. Ce patrimoine rural comtois, banal en apparence, est aujourd’hui un marqueur identitaire fort de la région.
Les cartes de 007 à 013 livrent un détail historique saisissant : elles révèlent la présence massive de soldats en manœuvre militaire à Landresse, dans les rues et sur la place du village, juste avant le drame de l’été 1914. Une présence silencieuse qui annonce la tempête.
Les correspondances manuscrites : la voix des expéditeurs
Le spectacle ne se limite pas au recto. Les correspondances manuscrites au verso de ces CPA constituent une source de premier plan pour la généalogie Doubs et l’histoire sociale locale.
Au fil de la collection, on passe par toutes les émotions :
- Des vœux de Nouvel An qui décrivent le « blues » de l’hiver comtois, la neige abondante, le froid glacial sur le plateau.
- Des mots d’une fraîcheur absolue signés de la petite Jeanne, en promenade, qui écrit à sa famille avec l’orthographe hésitante de l’écolière.
- Des cartes postées vers la Suisse, adressées à un douanier en poste à Vallorbe,ou vers Paris, témoignant de la grande mobilité des habitants du plateau dès le début du XXe siècle.
- Des cartes dont le verso est vierge, achetées mais jamais envoyées et qui racontent à leur manière l’histoire des objets ordinaires que l’on garde sans savoir pourquoi.
À noter : la règle postale des « 5 mots maximum » pour bénéficier du tarif réduit à 5 centimes (dit « tarif carte illustrée ») est visible sur plusieurs envois. Cette contrainte stylistique forcée a produit des formules d’une densité poétique involontaire.
Les Trente Glorieuses et la modernisation du village
Avec les séries des éditeurs Combier (CIM) et Péquignot de Besançon, la collection adopte les bords dentelés caractéristiques et le papier au bromure d’argent brillant des années 1950–1960. Le passage de la phototypie sépia à ces nouveaux procédés marque une rupture visuelle nette dans la collection.
On y découvre l’Hôtel-Restaurant Cretin et sa salle à manger dressée avec soin. Une mine d’or pour les nostalgiques : on y repère un pichet publicitaire de la célèbre distillerie Émile Pernot de Pontarlier (productrice du célèbre Pontarlier-Anis) et un cendrier Cinzano. Détail d’époque qui fait sourire : le numéro de téléphone de l’établissement était simplement… « 1 ».
Cette modernisation visible sur les cartes correspond à la transformation profonde des villages comtois sous l’effet de l’exode rural progressif et de l’arrivée des premières voitures sur les routes du plateau.
L’église de l’Assomption et l’art baroque comtois
La collection se referme sur de magnifiques tirages photographiques en couleurs, datant des années 1970–1980, consacrés à l’art sacré de l’église de l’Assomption de Landresse :
- Le Retable de Notre-Dame de Consolation, pièce maîtresse du mobilier liturgique.
- La statue en bois polychrome de Saint Pierre, datant du XVIe siècle, exemple remarquable de la sculpture comtoise ancienne.
- La nef restaurée, qui témoigne de la richesse du patrimoine baroque rural en Franche-Comté.
Ces cartes en couleurs, souvent négligées des collectionneurs au profit des séries sépia, sont en réalité des documents de conservation précieux : elles photographient l’état d’un édifice avant des restaurations ultérieures.
Un aperçu des techniques d’impression au fil des décennies
Pour les cartophiles et les chercheurs, cette collection offre aussi un panorama des évolutions techniques de l’imprimerie cartophile entre 1900 et 1980 :
| Période | Procédé | Caractéristiques visibles |
|---|---|---|
| 1900–1920 | Phototypie | Tons sépia ou brun-noir, surface mate, grain visible |
| 1920–1950 | Héliogravure | Contrastes plus marqués, textes plus nets |
| 1950–1970 | Bromure d’argent | Surface brillante, bords dentelés, noir et blanc contrasté |
| 1970–1980 | Offset couleur | Colorimétrie parfois saturée, papier légèrement glacé |
Reconnaître ces procédés permet de dater une carte sans se fier uniquement au cachet postal, une compétence utile en cartophilie et en généalogie Doubs.
Pourquoi collectionner les CPA de Landresse ?
Landresse est un village discret, environ 300 habitants aujourd’hui, mais son empreinte documentaire est disproportionnée à sa taille, pour deux raisons :
- La connexion Pergaud attire depuis plus d’un siècle chercheurs, journalistes et amateurs de littérature vers ce coin du plateau comtois.
- L’activité photographique locale (notamment les éditions réaliser par les restaurateurs Jules Brun) a produit une quantité et une variété de vues supérieures à la moyenne des villages de même taille.
Pour un généalogiste cherchant des traces visuelles d’ancêtres du Doubs, les CPA 25530 constituent un corpus de départ solide. Pour un cartophile Franche-Comté, les variantes de la Grande-Rue représentent un mini-puzzle éditorial stimulant.
Contribuer à la collection
Vous avez des racines à Landresse ou dans la région de Baume-les-Dames ?
Si vous possédez des cartes postales, des photographies de famille, des documents sur l’Hôtel Brun, l’Hôtel Cretin, l’horlogerie Vozzi ou plus généralement sur la vie du village au XXe siècle, je serai sincèrement heureux d’en discuter. Cette collection grandit grâce aux contributions des familles comtoises dispersées aux quatre coins de la France et de Suisse.
Contactez-moi via le formulaire du site. Chaque information, même anecdotique, enrichit la mémoire collective de ce village.
Informations pour chercheurs et cartophiles
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Cote de la collection : CPA-25530L-001 à CPA-25530L-026
Provenance : Collection privée familiale, transmission directe
Éditeurs représentés : Jules Brun (Landresse), Péquignot (Besançon), Combier CIM
Période couverte : circa 1900 – circa 1980
Vous reconnaissez un visage, un lieu, un nom sur l’une de ces cartes ? Partagez votre témoignage en commentaire — c’est ainsi que l’histoire locale se reconstitue, fragment par fragment.